Première phrase livrée par un douanier débonnaire à Casablanca. « C’est norrrmal », un avion prévu à 21h30 annulé et remplacé par un autre à 1h30… c’est norrrmal.
Par bonheur, la petite troupe Via Brachy ne craint pas les aléas et peut bénéficier pour l’escale d’une chambre à l’hôtel et de la piscine… que du bonheur ! Baptiste s’en donne à cœur joie et JB et Christophe entament la première séance de ce qui deviendra le rituel de l’étirement.
Tout va bien et… « c’est norrrmal ».
Lorsque nous apprenons vers 1h00 du matin que l’avion d’1h30 est finalement annulé, le débonnaire douanier est rentré chez lui et tous les chefs de l’aéroport de Casa ont éteint leurs portables… un lynchage est si vite arrivé.
Donc, voilà notre futur avion prévu à 5h30… Via Brachy ne manque pas de ressource et c’est finalement dans le carré VIP que chacun tente d’attraper un sommeil réparateur.
« C’est norrrmal », nous décollons de Casablanca à 7h30…
Premiers pas en terre sénégalaise
Malgré la fatigue, la crasse accumulée, tout le monde arrive à bon port, mais personne ne se risque à baiser le sol sénégalais. Après tout, il faut laisser ces petits moments d’hexaltation aux papes et autres chafs d’états.
Les trois 4x4 sont là, Cécile, Elodie, Pierre, Moctar ainsi que Xavier, Mireille et Karim sont là pour nous accueillir. La pudeur oblige à n’en point trop raconter sur les retrouvailles de certains…
C’est chez Cherif Seck que nous logons à Dakar , le bonhomme est un sacré personnage, l’accueil est digne de tous les récits sur l’hospitalité africaine. Des les premiers instants, nous sommes chez nous et le repas est partagé entre tous. Un tiep ou dien, spécialité de riz et de poisson.
Ce premier jour est un jour exceptionnel au Sénégal, et plus encore dans le quartier de Dakar où nous sommes : c’est la finale du combat de lutte sénégalaise, le combat du lion. La télévision hurle, les sénégalais sont rivés au petit écran, car pour la grande finale, il y a un jeune lutteur qui vit dans le quartier. Et pour rajouter à l’ambiance, à l’effervescence, le stade où se déroule le combat est à quelques encablures. On peut entende monter les clameurs. C’est enfin l’heure du grand combat. Les cérémonials n’en finissent pas. JB observe attentivement, Karim sent qu’il va se passer quelque chose, Xavier garde l’œil vif, près à bondir pour acclamer le vainqueur. Les filles quant à elles, discutent, font connaissance avec la famille et sont rapidement entourées des gosses du quartier qui veulent venir toucher le toubab venu d’ailleurs... JB manifeste quelques signes de nervosité, le tic sarkozien s’empare de lui, dans une transe étrange, il se met à quatre pattes et entame le rite du poulet… l’Afrique est frappée !
Dans un délire incommensurable, dans une liesse populaire, le ciel s’embrase subitement, les clameurs déchirent les nuages et Cherif perd tout sens de la mesure, lui qui a d’avantage la posture du sage que celle du supporter marseillais.
Le lutteur du quartier vient de terrasser son redoutable adversaire de 10 ans son ainé. Epaule contre épaule, tête contre tête, le vieux recule, tente de s’accrocher aux nombreux grigris du jeune loup. Il est déséquilibré, et dans un ultime coup de rein le nouveau champion envoie hors du périmètre son adversaire. La maison vibre, chacun se félicite, pour peu on aurait fait peter le champagne !
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